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ENORME Un symposium à l'horizon2006 à Dunkerque? Monumentale idée Ise Beth, artiste d'origine dunkerquoise, envisage d'inviter une quinzaine de sculpteurs afin de créer plusieurs monuments et de les éparpiller dans la ville. Elle devrait convaincre sans mal les plus sceptiques tant elle est passionnée et volontaire. Ise Beth artiste plasticienne de 37 ans a conçu un projet monumental. Et le terme n'est pas ursurpé puisque c'est bien de ce type d'art dont il est question. Originaire de Dunkerque, sculptrice mosaïste, elle souhaite organiser en été 2006 un symposium auquel serait conviée une quinzaine d'artistes venus des 4 coins du monde: "ils resteraient environ 3 semaines sur place, travaillant à leur création en pierre, en verre ou en métal et les laissant à demeure à différents endroits de la ville. L'occasion pour celle-ci d'acquérir des oeuvres beaucoup moins chères que s'il s'agissait de commandes publiques. Et puis c 'est un excellent vecteur de valorisation. Le budget? 250 000. Partenaires et sponsors sont les bienvenus...Le port autonome a accepté de mettre à disposition des sculpteurs un terrain sur lequel travailler et des engins de levage. Les artistes arriveraient les mains vides. Aux organisateurs de fournir les matériaux, d'assurer toute la logistique. Carte blanche Le premier symposium a eu lieu en 1959, à l'initiative de Karl Prantl, sculpteur autrichien dont la volonté était de réunir artistes expérimentés et débutants. Echanger, transférer son savoir-faire tout en ayant carte blanche dans la création, voilà l'esprit qui anime ce type d'évènement, d'autant que l'Art monumental ne s'apprend pas dans une école: ce type de sculpture ne peut se transporter sous le bras! Ise Beth a déjà participé à plusieurs symposiums, au Liban, au Bahrein et à Dubaï. L'un deux s'est concrétisé par une fresque qui orne maintenat un dispensaire libanais. Les oeuvres créées enrichissent le patrimoine des villes et c'est aussi une façon pour le citoyen de le laisser accéder à l'art: "Ils en profiteront tout au long de la vie et puis l'art monumental est aussi un repère fort au sein d'une ville". Ise Beth imagine un atelier en plein air, le temps de la manifestation, qui permettrait de faire découvrir un métier atypique et de juger de l'évolution progressive d'une oeuvre. Le fait d'inviter des culpteurs étrangers n'est pas amodin:"on voit alors l'étranger comme quelqu'un qui peut apporter quelque chose à notre ville et ouvrir nos horizons". Mais l'enjeu va au-delà: il y a une liberté d'expression en France qu'on ne peut pas laisser filer. C'est le pays des droits de l'homme mais les artistes n'en ont quasiment pas. Nous n'avons pas de lieu pour exposer, pour exister. L'art monumental semble beaucoup plus accessible à l'étranger qu'en France. "Mais parce qu'il n'y a rien ici, il y a tout à espérer". Pour l'instant le dossier a été déposé au service culturel de la ville. Virginie VARLET Le phare, octobre 2004 |
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